Interview croisée

Jacques Blanc, Président, et Sébastien Pommier, Directeur Général, évoquent les évolutions majeures de l’Association «Le Clos du Nid » depuis sa création jusqu’à aujourd’hui.



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Jacques Blanc, Président de l’Association le Clos du Nid

Jacques Blanc, président le clos du nid





« L’institution n’est pas une fermeture, bien au contraire, c’est une ouverture à la Vie. »










« C’est en 1955 que notre association a vu le jour grâce à la prise de conscience de l’Abbé Oziol, son fondateur. Cet homme a répondu à un besoin des parents d’enfants handicapés et s’est engagé à les accompagner tout au long et jusqu’au terme de leur vie. Le premier établissement, géré par l’Association, s’est installé à St Germain-du-Teil. Puis, au fil des années, à mesure que ces enfants ont grandi, le « Clos du Nid » a répondu à leurs besoins afin de leur assurer un maximum de chance, donnant lieu progressivement à la création d’autres établissements d’accueil pour adulte.

 

Plusieurs générations de professionnels, inspirés par l'ambition clinique du Docteur François Tosquellès auquel j'ai eu l'honneur de succéder, en tant que médecin psychiatre du « Clos du Nid », ont ainsi pu forger l'expérience du "Clos", et développer une approche attentive du soin et de l’accompagnement éducatif des Personnes en situation de Handicap.

En 1975, la volonté de répondre aux besoins d’accompagnement de ces populations vieillissantes, nous a amené à créer une première Maison d’Accueil Spécialisée.

Parallèlement, l’association a su évoluer en formant et consolidant progressivement ses équipes par le recrutement d’équipes pluridisciplinaires (d’AMP, éducateurs, médecins, aides-soignants, etc.).

 

L’un des mérites majeurs de notre Association est en outre d’avoir trouvé un mode de « gouvernance » équilibrée avec les Usagers et leurs familles. Ils sont représentés au sein du Conseil d’Administration, ce qui leur permet d’apporter une contribution indispensable au bon fonctionnement du « Clos du Nid » et aux stratégies qui y sont développées.

Evolution et adaptation ont fait l’histoire du Clos du Nid. L’Association n’a cessé de prendre en compte la dimension psychiatrique. Elle est d’ailleurs l’une des rares associations en France dont la Direction Générale soit dotée d’un Médecin Psychiatre Conseiller Technique (le Docteur Saulus).

 

Depuis 55 ans, notre préoccupation demeure la même : répondre aux vrais besoins et ne pas créer artificiellement des besoins. Dans le cadre des débats nationaux et européens, certains nient l’intérêt de l’institution. Bien sûr, certaines personnes handicapées peuvent s’intégrer sans support institutionnel. Mais la réalité, c’est qu’il y a un nombre de personnes avec un handicap tel que sans support institutionnel il n’y a aucune chance de s’épanouir, de développer ses potentialités et son autonomie et de s’insérer dans la société. L’institution n’est pas une fermeture mais une ouverture à la vie. La force du Clos du Nid, c’est de ne pas s’être enfermé dans des visions théoriques et je souhaite que notre Association demeure avec cette ouverture d’accueil sur le handicap mental, physique et associé, quel qu’en soient la nature et le degré.

 

De par son histoire, ses compétences, ses réseaux, je suis convaincu que « le Clos du Nid » peut apporter beaucoup dans les débats nationaux qui vont être d’une actualité évidente.»


Sébastien Pommier, Directeur Général du Clos du Nid

 

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« C’est à l’Institution de s’adapter aux besoins des Usagers, et pas le contraire ! Dans ce contexte, notre stratégie pour l’avenir peut se résumer en deux idées : partenariat et innovation.»










« Le rôle d’une Direction Générale comme celle du « Clos du Nid » consiste principalement à orchestrer la bonne adéquation entre les besoins et aspirations sans cesse en évolution des Personnes en situation de Handicap que nous accueillons et accompagnons d’une part, et les réponses que nous y apportons d’autre part, ces dernières étant à la fois empreintes de notre histoire et soumises aux moyens (principalement financiers) que les Politiques Publiques nous permettent d’obtenir.

A ce titre, les associations sanitaires et sociales sont de plus en plus soumises à un « effet ciseaux » qui se traduit par des besoins qui augmentent plus vite et plus fort que les moyens mis en œuvre pour y répondre. Tout ceci dans un contexte où notre Pays reste un des plus ambitieux à l’échelle européenne en la matière.

Cette tendance est particulièrement à l’œuvre depuis la mise en œuvre de la Loi du 2 janvier 2002 qui a inversé la logique de la réponse aux besoins.

 

L’association « Le Clos du Nid » s’est, depuis sa création, positionnée comme un acteur de ces Politiques Publiques. Elle a, par son développement et ses innovations, contribué à structurer le secteur médico-social. Elle a participé aux grands débats législatifs relatifs au Handicap (loi de 1975, domicile de secours, loi de février 2005, …) soit directement, soit à travers l’Union Nationale des Associations pour Personnes Handicapées (U.N.A.P.H.) qu’elle a contribué à créer avec d’autres associations partageant les mêmes convictions (« Clos du Nid de l’Oise », « Saint Nicolas », « Sainte Angèle », « Les Résidences Lozériennes d’Olt », « Le Nid d’Auvergne »), et qui « pèse » à l’échelle nationale auprès des « autres » grandes Unions et Fédérations du secteur.

Outre cette « fonction tribunicienne », l’UNAPH a, par son soutien, permis la mise en œuvre d’actions concrètes et bénéfiques aux Personnes en situation de Handicap, telles que l’Ecole de Travail Educatif et Social (ETES) de Marvejols ou, plus récemment, du centre « Equiphoria » particulièrement représentatif de notre stratégie actuelle qui peut se résumer en deux idées : partenariat et innovation.

Notre conviction est en effet que notre Association, et plus largement l’ensemble de celles gérant en Lozère des institutions pour Personnes en situation de Handicap, ne peut « se contenter » de son passé prestigieux pour se préparer aux défis de l’avenir. Elle doit sans cesse observer l’évolution des besoins de ses Usagers, s’y adapter avec réactivité et souplesse, malgré les contraintes administratives plus nombreuses et rigides.

 

Pour tout cela, innover ne suffira pas. Nous devons aussi redéployer nos réponses (transformer des places afin de les adapter aux besoins) tout en conservant un équilibre budgétaire global, chaque année plus difficile à atteindre.

Aujourd’hui, c’est à l’institution de s’adapter aux besoins des Usagers et non le contraire. »